Influence

Jeter des ponts dans une Europe brisée.
Église, royaumes et peuples.

Un frère sans charge de gouvernement qui pesa sur les grandes décisions de son temps : l’unité de l’Église, la succession de la Couronne d’Aragon et la paix entre factions ennemies.

1378 – 1417

Le Grand Schisme d’Occident et Constance

Saint Vincent Ferrier prêchant devant Benoît XIII
Anonyme ligure ou lombard, Prédication devant Benoît XIII (v. 1460) · Wikimedia Commons (domaine public)

Pendant le Grand Schisme d’Occident, la chrétienté latine en vint à avoir deux, voire trois papes rivaux. Vincent Ferrier fut pendant de nombreuses années fidèle à l’obédience d’Avignon et à Pedro de Luna, Benoît XIII, dont il fit partie de l’entourage comme ami et conseiller.

Avec le temps, il fit passer l’unité de l’Église avant cette loyauté personnelle. Il pressa Benoît de renoncer pour rendre l’union possible, et celui-ci refusa.

Le 6 janvier 1416, à Perpignan, à la demande du roi Ferdinand Iᵉʳ, il proclama la soustraction d’obédience de la Couronne d’Aragon à Benoît XIII. Ce fut une étape décisive pour que les royaumes hispaniques rejoignent le concile de Constance, qui mit fin au Schisme avec l’élection de Martin V en 1417.

Selon la plupart des études, il ne se rendit pas lui-même à Constance ; son apport fut d’ouvrir, depuis la Couronne d’Aragon, la voie vers l’union.

1412

Le Compromis de Caspe

À la mort sans héritier de Martin l’Humain (1410), la Couronne d’Aragon se retrouva sans roi et avec plusieurs prétendants. Pour éviter la guerre, la décision fut confiée à neuf arbitres, trois par territoire : Aragon, Catalogne et Valence.

Vincent Ferrier fut l’un d’eux, de même que son frère Boniface, prieur de la chartreuse. En 1412, son vote favorisa Ferdinand d’Antequera, de la maison de Trastamare, qui fut proclamé roi.

La tradition lui attribue souvent un rôle décisif dans le résultat. Les historiens nuancent ce rôle et continuent de débattre du compromis, mais s’accordent sur un point précieux : une succession disputée fut réglée par la voie de l’accord et non par les armes.

Doctor de la Paz

Paix et concorde dans la société

Partout où il prêchait, les chroniques et les témoignages parlent de factions qui se réconciliaient, d’inimitiés familiales qui prenaient fin et de villes pacifiées. Pour lui, la conversion personnelle et la paix sociale étaient inséparables.

C’est pourquoi la cause propose pour lui le titre de Doctor de la Paz : un enseignement qui unit foi, réforme de vie et concorde, et qui parle aussi à notre époque. La déclaration comme Docteur de l’Église n’a pas encore eu lieu et revient exclusivement au Saint-Père.

01

Église

Il préféra l’unité à la loyauté personnelle.

02

Royaumes

Il contribua à une succession négociée.

03

Peuples

Il réconcilia factions et familles ennemies.